Mars

Mars
Titre : Fausse étoile, c'est un mensonge.
Auteur : Mello
Genre : Drame / O.S
Rating : G
Crédit : Aucun personnages ne m'appartient, ils restent tous sous la propriété de Masashi Kishimoto.
Mot de l'auteur : Cet O.S e été fait trop précipitamment, mais je n'arrive plus à me concentrer dessus.

Fausse étoile, étoile c'est une mensonge.

Il faisait nuit noire, le spectacle pouvait commencer. Ouvrez les yeux, contemplez !

Les herbes frissonnaient et dansaient à la mélodie du vent, créant de grandes vagues affriolantes. Même les vieux arbres pourtant enracinés depuis longtemps, étaient secoués, presque emportés. Les feuilles se détachaient, virevoltaient, frôlaient le sol, puis se retiraient comme s'il était brulant : c'était l'automne. La clairière était minuscule, abandonnée, mais d'ici, le ciel avait une splendeur que vous ne trouveriez jamais ailleurs. La douceur du vent pourtant rude caressait nos joues froides et sèches.

La tête tendue vers le ciel, les yeux hypnotisés par les étoiles. Nos yeux clignaient à cause de l'attention trop grande portée à la lune. Nos cheveux flottaient, ébouriffés. Ma cage thoracique se soulevait, puis s'abaissait lentement, monotone. Ici, le temps n'existait pas.

Nous étions deux. Nous avons été trois. Le troisième ; il n 'existait plus, nous n'en parlions plus, le débat était clos. Il avait disparu, les temps étaient durs, nous n'avions pas le temps d'essuyer et de pleurer un mort. Un mort ou un meurtre. L'assassin était pourtant à côté de moi, les yeux rivés dans l'au-delà, le regard vide. Il l'avait tué, oui, son meilleur ami. Quand le sujet était lancé, il savait le cloître aussitôt. L'atmosphère était tendue.

« - Dis Nagato, tu la vois mon étoile ? Celle là, celle qui est au milieux des trois, tu vois ? Regarde il y a deux grosses étoiles, et une qui brille faiblement entre elles. Dis, tu la vois ?

- Non, je ne la vois pas.

- Mais si, regarde bien, on dirait Yahiko, toi et moi, c'est amusant !

- Je ne la vois pas.

- Mmh, dis-je d'une mine boudeuse, tu ne vois rien, tes yeux ont beau être magnifique et faire la fierté de ta famille, ils ne servent à rien.

- Tu as surement raison. »

Il se leva, puis me tendit la main pour que je suive le pas.

« - Tu n'y arrives pas, hein ? Tu n'arrives pas à l'oublier, renchérit-il, tu devrais profiter de ta vie, oublie le.

- Tout le monde n'est pas comme toi, c'est plutôt toi qui oublie trop vite, ton c½ur et tes yeux sont identiques. Il n'y a rien !

- Ne dis pas ça, tu sais très bien que c'est faux !

- Mais c'est bien toi qui l'a tué ! »

Je regrettai immédiatement ce que je venais de dire, je ne m'en étais donc pas remise ? Je savais pertinemment que son geste n'avait pas été voulu mais contraint, malgré ça, je le haïssais. La haine, c'était pourtant contre cela que Yahiko se battait. Cette mort, nos relations, ce ne sera plus jamais comme avant, c'est fini. Nous partîmes tout les deux, chacun de notre côté, le c½ur blessé sans se retourner. J'aurais voulu m'excuser, lui aussi devait souffrir, ça je ne le mesurait pas, je ne comprenait pas.

Yahiko, et toi, la vois-tu cette étoile ?

*

L'orage grondait, la pluie s'abattait, comme si chaque gouttes voulaient l'écraser. Les pieds dans la boue, les jambes fatiguées. Il n'y avait rien, seule la pluie, seul l'orage. On n'entendait rien, seule la pluie, seul l'orage. Brusqué d'une envie de s'écrouler, il persistait. Ses pieds l'emmèneraient, l'un après l'autre, s'acharneraient, il y arriverait. Le boue devint rouge, il leva les yeux, quelqu'un était mort, il retourna le blessé : Yahiko.

« Non, non ... NON !! »

Il se réveilla essoufflé, les draps trempés de sueurs, les yeux remplis de larmes, la tête qui tourne. Encore un rêve, lui non plus ne s'y faisait pas. Il garderait sur sa tête ce meurtre, comme si c'était écrit sur son front. La vie continuerait, pour lui, pour elle. Pour elle, pour Konan. Il n'était pas jaloux de Yahiko, il savait très bien que Konan l'aimait, comme il savait qu'elle l'aimait lui aussi. Elle était seule, il était deux. Elle ne choisirait pas, elle ne pouvait pas. Un d'eux était mort, le choix était plus simple, mais la blessure ne s'estompait pas. Pouvait-on aimer l'assassin involontaire de son amant ? Pouvait-on aimer alors qu'il était mort ? Le choix était-il réellement plus simple ? Certainement pas. Elle haïrait l'un pour son meurtre et l'autre pour sa mort. Le seul lieu serein où elle acceptait de les voir, c'était dans cette clairière, pour regarder le ciel toute la nuit.

*

La journée c'était passé sans encombre pour Nagato, il attendait avec appréhension et excitation le couché du soleil, comme tous les jours, pour la retrouver.

Le soleil fuyait, la lune dominait le ciel, la lumière s'estompait, les étoiles brillaient. Imaginez, des millions de néons suspendus, des milliers de diodes électroluminescentes, ce n'est que superficiel.

La nuit passait, elle ne venait pas, peut être était-elle retenue, Nagato avait beau être orphelin, ses parents lui avaient laissé de quoi finir sa vie sans encombre, disons le comme il se doit : il était plein aux as. Il avait plusieurs fois proposé à Konan qu'il n'y avait aucun problème, qu'il pouvait la prendre en charge. Elle avait refusé net. Elle ne nécessitait pas de lui pour subvenir à ses besoins. Elle était grande, et elle avait toujours parvenue à se débrouiller seule, par n'importe quel moyen. Ils ne savaient pas ce qu'elle faisait, elle ne le précisait jamais, et ne comptait pas le faire.

Elle n'était pas venue, elle ne viendra pas. Pas ce soir.

*

Les années défilaient, les soirs se succédaient, elle n'était pas revenue.

Il y a trois sortes de mode de vie, la pauvreté, la modestie, et la richesse. Dans quel milieu pouvons-nous être le plus heureux ? La pauvreté, une bonne dose d'héroïne reçue pour multiples tours de passe-passe ? La modestie, amour flamboyant avec le voisin de la meilleure amie de votre mère ? La richesse, maints et maints voyages sur des îles paradisiaques, entouré de charmante compagnie ? Tout cela est très cliché. Malgré tout ce que vous possédez, il y a toujours quelque chose qui vous tient le plus à c½ur, et ce je-ne-sais-quoi, si vous n'en disposez pas, votre jouissance est rendue à néant. Ainsi donc, voilà le commencement de votre malheur. Comme ce fameux Nagato.

Nagato avait tout ce qu'il voulait pour être heureux, il avait une femme, mariage qu'il avait dû se persuader à conclure pour diverses raisons. Une maison en ville, un travail qui rapporte. Il était astronaute, et aimait ce qu'il faisait, se balader au milieux des étoiles, c'était grandiose. Il était beau, et avait du succès, quelques maîtresses, rien de méchant. Malgré ça, Nagato ne fut jamais heureux.

Il gardait en tête cet homicide, celui qui changea tout, celui qu'il redoutait. Mais bien pire, ce court article de journal, que jamais il n'oublierait :

« Aujourd'hui, une jeune fille d'environ seize ans, dont on ignore encore le nom, a été retrouvée assassinée, part une douzaine de coup de couteau, suivit de sévices sexuels. Retrouvée dans un des quartiers malfamé, insalubre ... »

C'était donc ses petits bouleaux, il aurait été là, elle ne serait pas morte. Chaque personne qu'il chérissait, mourrait donc ? C'était la fin.

*

Comme il y avait vingt ans ... Rien n'avait changé. Le vent sec, dirigeant les herbes. Quelques gouttes tombaient sur le sol, la pluie. Non, pas de pluie : la souffrance. Les traits d'un homme fatigué, qui avançait sans aucun but, les yeux inondés de larmes, souvent trop longtemps contenues. Il respirait l'air frai, profondément, puis ses yeux montèrent vers le ciel. Accroché par un fil transparent, attaché à ces trois étoiles.

La tête abrutie, la main dans la poche, il tira de son manteau un couteau, celui qui, sans le savoir, portait tout le poids d'une vie : celle de Yahiko, laquelle avait tout changé en quelques secondes. Ce couteau qui avait tranché leurs liens, leurs destins, leurs vies. D'un coup lâche et vif, le couteau effleura ses poignets. Le sang goutte. Le sien, le leur. Ils allaient enfin se retrouver.

« - Dis Nagato, tu la vois mon étoile ? Celle là, celle qui est au milieux des trois, tu vois ? Regarde il y a deux grosses étoiles, et une qui brille faiblement entre elles. Dis, tu la vois ? »

« Oui Konan, je la vois enfin cette étoile ... »

Le muscle de sa joue s'étira, une esquisse de sourire. Les larmes ne coulaient plus, seul le sang. Le c½ur ne battait plus, seul l'espoir. La vie partait.

Aujourd'hui, c'était l'automne.

Mello

# Posté le vendredi 28 août 2009 12:31

Modifié le samedi 29 août 2009 14:14

Fuck You Exorsite ♥

Fuck You Exorsite ♥
Titre : Boulimie Journalière
Auteur : Mello
Genre : Drame / Maladie / O.S
Rating : AP
Crédit : Aucun personnages ne m'appartient, ils restent tous sous la propriété de Masashi Kishimoto.
Mot de l'auteur : La boulimie est une maladie trop souvent ignorée.
chapitre corrigé, merci.

Penchons nous sur ce mystère.

Aujourd'hui le calendrier indique bien le 1er Janvier 2009. Les aiguilles de la pendule, elles, s'ébranlent pour me révéler : une heure trente cinq. C'est la nouvelle année, encore une ... C'est bien malheureux. Je suis seule, assise sur mon canapé, un verre de vin à la main que je ne devais pas boire seule, mon chat ronronnant au plaisir de mes caresses. Le téléphone sonne, un coup, un deuxième, un troisième, il se tait. La boîte vocale reprend :

« Mlle Mitarashi, nous sommes désolés, nous n'avons rien pu faire »

Un bip sonore éclate. Quelle bande d'idiots. Je le savais. Je me lève durement, le chat saute de mes genoux en poussant un miaulement de mécontentement. Direction la cuisine. J'ouvre le frigo, prend la première chose qui me vient à la main. Une boîte de pâté aux anchois et à l'huile d'olive, périmée. J'arrache le couvercle, introduit mes doigts à l'intérieur, et vide le contenu dans ma bouche. J'avale tant bien que mal, l'immonde texture pâteuse. Mon c½ur se soulève, mon diaphragme s'agite.

Je me précipite aux toilettes, je m'agenouille, penche ma tête au dessus de la cuvette, puis enfonce mon index et mon majeur le plus loin possible dans ma gorge. Des larmes amères descendent le long de mon visage. Une secousse, un hoquet, un rejet, je vomis. Le liquide épais et acariâtre me brûle, me pique, me ronge ... Tout ce que vous voulez, ça me fait un mal de chien. Et ce goût immonde ...

J'ai fini. Je m'essuie la bouche à l'aide du papier toilette à côté de moi. Je le balance mollement à l'endroit où j'ai rejeté par la bouche ce qui était dans mon estomac, à la suite d'une dure contraction de mon diaphragme. Je tire la chasse d'eau, rabat le battant, puis me redresse.

Quelle sensation de soulagement. Je suis mieux. Bien.

J'ouvre le robinet, puis d'un geste vif, me jette de l'eau fraiche au visage, éclaboussant au passage tout ce qui se trouve autour de moi. Je retire mes vêtements pour pouvoir me doucher, mais je m'arrête devant le miroir désormais face à moi, lequel renvoyait mon reflet, bel et bien le mien, malheureusement.

Ce que je suis maigre ...Efflanquée. Plus de joue, elles sont creuses, mon teint, blême, plus rien. Je ris en songeant à mon corps, des os, et ... Des os. Je ne suis qu'un ramassis d'os et rien d'autre, plus de sein, plus de fesses. Niet !

Après cette contemplation révélatrice, je rentre dans ma douche, ouvre l'eau, puis la laisse couler sur mon corps bien frêle ...


« Il est parti, je murmure comme pour m'en convaincre, c'est bien dommage. ».

Mon corps fond, s'écrase sous la pression et la chaleur.
J'ai l'impression que l'eau, pourtant si sereine, veut me broyer jusqu'à me briser. J'éteins. Mon corps tremble, pourtant l'eau était bouillante ... Mon c½ur bat, précipitamment.

Mon c½ur s'arrête. Je tombe.

Aujourd'hui, j'ai bel et bien vomi, pour la dernière fois ... Belle résolution, n'est ce pas ?



***



7 Octobre 2008

Bonjour,

Tu sais, j'ai l'impression de tomber, de croupir, bien bas. Il y a maintenant deux ans, deux ans que j'ai ce fichu diplôme que je désirais tant. A vrai dire, je l'idolâtrais tellement, que j'en suis tombée malade. Malade, à ne plus manger, je n'avais plus faim. J'étais seule. Et je m'en fichais bien. En attendant, la maladie, -mentale ?-m'a gagnée.
L'anorexie disait mon médecin, dénutrition TO-TA-LE, il a beaucoup insisté sur ce mot d'ailleurs. Quand il m'a sifflée cela, je l'ai regardé bizarrement, comme s'il venait de me dire une chose totalement évidente, à laquelle je refusais éperdument de me fier. Alors je suis repartie et j'ai pensé que c'était absurde. Je le pensais, réellement. Pourtant, je n'avançais plus. Je stagnais, croupissais, languissais, pourrissais. Tout ce que vous voulez. Je restais fixe à un même point. Je le tenais ce point, et ô mon Dieu, je ne le lâchais pas. Malheureusement. J'étais maigre, même le regard des gens rempli de pitié, je l'ignorais.
Je finis là, je dois me coucher. J'ai vingt huit ans. C'est vraiment absurde d'écrire une sorte de journal, mais quand je serais vieille, je rigolerai de cette histoire, tu ne crois pas ?


Anko.



19 Octobre 2008

Mon travail me pèse, je n'en peux plus. Hier, j'ai rencontré un homme. Arf, la cinquantaine à tout casser, je dirais. J'étais en train de me balader –tranquillement-, il me regardait, sûrement à cause de ma maigreur je suppose. Bizarrement, j'ai eu un étourdissement, un tout petit bien sur, je me suis lamentablement écroulée sur le sol, comme une masse. Il a été me chercher de l'eau, je l'ai remercié. Il m'a sourie, je me suis sentie faible, non pas physiquement, plutôt moralement. Je suis partie, assez précipitamment, assez pour laisser tomber mon portefeuille, intelligent, n'est ce pas ?
Heureusement, il m'a rappelée dans la journée, pour m'inviter à diner, un bon moyen selon lui, pour me rendre ma carte d'identité, mon portefeuille, et tout ce qu'il contenait. Je n'avais pas le choix, mais pas vraiment le temps non plus. J'ai acquiescé, je reprendrai mon bien, et je partirai en vitesse.
Même en grandissant, ma maladresse ne disparaissait pas, ma pseudo-maladie se faisait de plus en plus affligeante, et de plus en plus, je m'entêtais.


Anko.


7 Novembre 2008

Cela fait longtemps que je ne t'ai pas écrit. Le boulot m'oppresse, je n'ai pas le temps, et mon temps libre, je le partageais ... Avec lui ... Mmh. Déjà fini. Il s'appelait Orochimaru. Tu sais bien, je t'en avais parlé, celui qui m'avait invité pour la soit-disante remise du portefeuille. Facile. Je ne regrette rien. On s'est engueulés sur mon poids. Il est parti. Je me suis surprise moi-même, à m'enfoncer les doigts dans la gorge. J'ai vomi. Je ne recommencerai pas c'est horrible. Mais ... Tellement apaisant ...
Je ne suis pas encore une grande avocate renommée, mais j'ai bientôt une grosse affaire, je passe à la cour bientôt. Je ferai mes preuves, je gagnerai, promis !
Je dois le voir demain. Je n'irai pas. Excuse : Débordée par mon travail.



Anko.



30 Novembre 2008

Affaire ratée. Étourdissement.
Bordel ! C'est impossible, j'avais tout préparé, répété, vomi. La pression était trop forte, trop grande, alors j'ai continué. Tous les jours, à chaque repas. Même en dehors des heures normales pour manger, dés que j'avalais quelque chose, je le renvoyais aussitôt, si bien que ma maigreur se faisait de plus en plus sentir. Ma peau s'imprégnait dans mes os, elle disparaissait, faisait chaque contour de mes cotes. Un désastre. Tandis que je m'efforçais de me dire que la boulimie me gagnait, je continuais à travailler, encore plus sérieusement, jusqu'à tard. J'ai fini à l'hôpital, Orochimaru est venu. Il m'a regardé. Horrifié. Il a pris mon visage entre les mains, et l'a regardé. Sans mot dire. Il s'est assis. Je me suis endormie. A mon réveil il n'était plus là.
Je serais avocate, la meilleure !



Anko.



18 Décembre 2008

Je reviens de nouveau, et non pas sans rien. J'ai gagné ma deuxième affaire très importante, je commence à avoir de plus en plus de demande. Cela me réjouit, mais je n'ai plus de force, j'ai beau essayer de ne plus vomir, impossible. Smith Orochimaru est tombé à l'hôpital pour dépression, je ne sais ni pourquoi, ni comment. Je n'irai pas le voir, j'ai comment dire, la tête dure. Je l'aime, sûrement. Mais je ne veux pas non plus lui faire de tort, il a une femme, jolie, gentille, alors pourquoi ? Moi qui suis devenue si laide, si famélique, émaciée.
La boulimie est à son comble, impossible de la contrôler. J'ai peur.


Anko.




30 Décembre 2008

Tentative de suicide de Smith, je ne parle plus. Demain j'aurais sûrement des nouvelles. S'il meurt, nous aurons tout raté. Je m'en vais.

Au-delà de la mort pourra t-il encore m'aimer ?
Au-delà de l'amour pourra t-il en jouer ?
Je veux qu'il m'aide.
Je suis lamentable, moi qui m'étais persuadée d'être forte, forte à moi seule. Lui seul pourra m'aider, s'il me laisse, je lui en voudrais jusqu'à la fin !


Anko.


Orochimaru Smith, marié, architecte, est mort à l'aube du lendemain. Tentative de suicide. Survie impossible.



***


Mon c½ur s'arrête. Je tombe.

Aujourd'hui, j'ai bel et bien vomi, pour la dernière fois ... Belle résolution, n'est ce pas ?


Anko Mitarashi, vingt huit ans, avocate, est décédée deux heures plus tard à l'hôpital, arrêt cardiaque confirmé, boulimie mentale


Mello

Fuck You Exorsiste

# Posté le jeudi 23 juillet 2009 06:52

Modifié le mardi 28 juillet 2009 14:35

« Je N'eprouve Pas Le Moindre Remord A Tuer Des Humains Ordinaires. D'ailleurs, Je Deteste Cette Terre Où Ils Pullulent. » ♫

 « Je N'eprouve Pas Le Moindre Remord A Tuer Des Humains Ordinaires. D'ailleurs, Je Deteste Cette Terre Où Ils Pullulent. » ♫
Titre : Folie littéraire
Auteur : Mello.
Genre : Drame
Rating : + 13 ou + 16, je ne sais pas.
Crédit : Les personnages ne sont pas les miens mais ceux de Masashi Kishimoto. Mr Hyde, des BB Brunes, pour deux petites phrases. Sachant que les caractère ont été modifié (O.O.C ) - Chapitre corrigé par mes bêta-lectrice, thank's -
Inspiration : Céline et "La fille aux semelles de plombs" de Jean Molla.


Je regardai avec une attention avide le mouvement répétitif de ses lèvres ; j'écoutai le son singulier de sa voix, scrutai chacune de ses paroles, les répétant dans ma tête sans interruption. La littérature ... Splendide. Chaque cours me permettait de m'évader. Lui, c'était mon professeur, de français bien évidemment. L'une des choses qui m'intéressait le plus chez lui, était sa manière de parler de Marivaux, de Montesquieu, de Rimbaud et de Voltaire, grands écrivains français. Mon attention se perturba lorsqu'une lourde mèche de cheveux retomba sur mon visage, m'empêchant de voir de l'½il gauche. Je remis furieusement ce négligemment rebelle, ayant troublé ma concentration.
Il leva les yeux vers moi, j'eus la tête haute. Pas question de se laisser faire. Je souris ironiquement à son égard, puis il me le rendit tendrement. Je détournai le regard, mais lui ne cessait de me regarder. Cela m'énervait, qu'il joue ainsi avec moi ...
La sonnerie retentit. Tout le monde se leva et se dirigea vers la porte. Je fis de même mais comme à mon habitude, mes pieds se dirigèrent jusqu'à son bureau. Pour parler, encore et toujours de littérature.

*

Devant moi, se tenait une tasse de café ; j'enlevai l'emballage de mon sucre et le laissai tomber vulgairement dans la boisson chaude avec un mouvement vague et habituel. Le sucre créa de fines ondes sur la surface liquide et brune, puis se décomposa, petits grains par petits grains. Je regardai cela avec attention, puis apportai le breuvage à mes lèvres, sentant la chaleur et l'odeur suaves de celui-ci.

« Tu as vu comment il te regardait, s'exclama Kin.

- Je réfléchissais, tu m'as coupée dans ma réflexion. Non, je n'ai pas vu. Non, il ne m'intéresse pas. Et oui, j'aimerais que tu me laisses tranquille D'autres questions ? répondis-je sèchement. »

Elle me regarda d'un air béat. Elle soupira et marmonna quelque chose d'à peine audible. Je savais très bien de qui elle parlait. Il ne m'intéressait pas, j'en étais convaincue.

« - Tayu ! Je t'aime ! »


Il ne manquait plus que lui. Sakon, devant moi, souriait ironiquement. Quand arrêterait-il ses conneries ? Il m'énervait, que voulait-il à la fin ? Je l'aimais bien mais bon. Il me demanda s'il pouvait me raccompagner. Pour qu'il me lâche je répondis favorablement. Il eut un sourire en coin, je n'y fis point attention.

*

Nous marchions, il me racontait plein de choses sans importance que je n'écoutais que distraitement. Il se tut. Cela me surprit. Bizarre, lui qui était si excité d'habitude. Nous entrâmes dans une ruelle étroite où le bourdonnement des voitures se faisait de plus en plus sourd. Soudainement, il me plaqua contre le mur et lâcha presque furieusement :

« Qu'est ce que je suis pour toi ? Hein ? Juste un emmerdeur, c'est ça ? »

Je fus étonnée de son ton puis resta interdite. Il avait raison, il ne me servait qu'à me raccompagner, et encore. Des fois il me saoulait mais quand même, je l'appréciais sans plus ...
A cet instant, il m'embrassa avec force et resserra son étreinte. J'avais peur. Je ne comprenais pas. J'essayai de me débattre, sans succès, ses gestes se faisaient de plus en plus entreprenants et gênants. Je lui priai d'arrêter. Il fit comme si de rien n'était et continua. Ses mains se posèrent le long de ma taille et d'un seul coup, il déchira ma chemise, violemment. Je tremblais, je voulais crier, hurler, aucun son ne sortait. Mes yeux s'humidifièrent, des larmes coulèrent le long de mon visage. Ma tête tournait. Quelques cheveux s'accrochaient à mes joues humides, ses lèvres me parcourant, descendant le long de mon cou, de ma poitrine. Qu'éprouvais-je ? Rien, sinon du dégoût ? Sûrement. Tout ce que je voulais était que cela se termine au plus vite, et qu'il me laisse seule, vacillante.

*

Je sentis dégouliner sur mon visage un liquide chaud et épais. Pour connaître la nature de cette matière, j'y approchai ma main, le touchai du bout des doigts et l'apportai à mes yeux : du sang. Je me tenais la tête, j'avais l'impression qu'en guise de cerveau je n'avais plus qu'un tambour, battant et rebattant contre la paroi sonorisée de mon crâne. Quelle sensation horrible !
Que s'était-il passé ? Je ne me souvenais que de cela : moi contre son corps, lui me serrant de force les mains, se baladant, non sans gêne. Je me rappelai avoir couru, couru à en perdre haleine, la pression de mes poumons contre ma cage thoracique, se gonflant, se dégonflant. Ma gorge était sèche, mon c½ur battait, comme jamais. Et d'un coup, il s'arrêta. Je me revoyais tomber sur le sol, ma tête heurtant le coin d'un mur, puis plus rien.
Qu'était la suite ? Que s'était-il passé ? Je n'en savais rien. J'oubliai. D'une marche lente et saccadée, je rentrai chez moi.

*

Il faisait sombre, évidemment. Il était minuit, je lisais « L'été américain » de Jean Joubert. Excellent livre, sur la seconde guerre mondiale, sujet m'intéressant au plus haut point. Je refermai le livre, Il était fini. Fini. J'avais chaud, je me sentais bien, mon c½ur battait, j'adorais cela. Je m'étirai, puis bâillai. Il était maintenant minuit et trente-sept minutes. Deux heures de français m'attendaient, je comptais bien avoir la pêche. J'avais à lire trois livres qu'il m'avait conseillés. Je me tournai et me retournai. Je n'aurais pas dû penser à ces heures car ce que je voyais devant moi était son visage, me fixant de ses yeux clairs. Il me sourit de ses dents blanches. J'avais peur, ma bonne humeur se réincarnait en effroi. Pourquoi me hantait-il ? Je voulais qu'il s'en aille !

*

« Il arrivait devant moi, je devins écarlate. Était-ce son revolver ou sa simple venue ... J'étais contre le sol, les mains attachées par de lourdes chaînes, elles-mêmes fixées au mur. Je vis par la fenêtre que la lune était claire, presque pleine. Peut-être dans deux jours, peut-être dans trois, pour moi, elle paraissait toujours aussi éblouissante, toujours aussi belle ... Elle était entourée de nuages, défilant avec leur lenteur habituelle. Une brume opaque la cachait presque entièrement, comme pour la dévorer. Aucune étoile ne l'accompagnait, elle était seule ... Entièrement seule, avec un assaillant qui essayait tant bien que mal de l'engloutir dans les ténèbres, la nuit. Chaque nuit, il venait me détacher. Tandis qu'il se chargeait de cela, il me plaquait au sol, me disait :

« Qu'est-ce que le jeu ? »



Je ne répondais pas, était-ce de l'ironie ? Qui était-il ? Me violer par terre, puis recommencer, voilà la seule chose qu'il faisait. Peu à peu, j'en étais lasse, je me fichais de cela. Je me contentais d'observer la lune. Je ne pleurais pas, à quoi cela servirait-il ? Je m'en moquais, voilà bien des mois et des mois qu'il le faisait.
Je tombais néanmoins amoureuse de mon bourreau. Jamais il n'avait été brute, ce n'était qu'un jeu, auquel il s'y plaisait évidemment. Un amour que je tue, un amour qui me tuait. Lorsque ses mains parcouraient mon corps, je faisais preuve de dégoût. Ce n'était pas la vérité. Je ne l'aimais pas, je le désirais.
Ce jour-là, lorsqu'il eut fini son jeu, il pointa son arme vers ma tempe, positionnant son doigt sur la gâchette. Il m'embrassa langoureusement, me murmura que je l'avais amusé, puis il resserra l'étreinte de son doigt. La balle partit, s'enfonça dans mon crâne. Je pus articuler un « Je vous aime ». Je vis un dernier sourire sarcastique sur ses lèvres. J'entendis le son de sa voix ... Le sang coulait, et ne s'arrêtait pas. »
, la lecture de mon texte étant finie, je me remis à ma place. La sonnerie retentit. Je rangeai mes affaires, mon professeur m'interpella.

« Pourquoi écris-tu des textes aussi lamentables en ce moment ?, sourit-t-il

- Pourquoi devrai-je vous faire plaisir ? répondis-je du tac au tac. »

Il me fixa d'un regard approbateur, s'approcha de moi dangereusement. Je reculai.

« Tu as si peur de ces choses là ?

- Bien sur que non. »

Il sourit de nouveau, me regarda avec insistance.

« Ne vous amusez pas à ça. Vous le regretteriez, on ne vous a pas dit que le détournement de mineur était interdit ?

- Pourquoi, tu as des vues sur moi ? »

Je n'aimais pas son humour cynique à cet instant, il commençait à m'énerver. Il m'ouvrit la porte. Je la franchis, et il dit :

« Tu sais où trouvez mon hôtel, n'est ce pas ? »

Je le regardai furieusement et partis comme une gamine à laquelle on venait de faire une mauvaise blague.J'irais le voir, oh ça oui ! Je m'amuserais même, je ne voyais pas de quelle manière je pourrais en user plus amusante.

*

Il l'aiguille s'ébranla et indiqua onze heures cinquante-trois. J'étais devant l'hôtel. Il faisait froid, je me décidai alors de rentrer. J'entrai, j'approchai du guichet et on m'adressa un morceau de papier. Je le pris et lu :
« Tayuya, mourrez. ». Je le mis dans ma poche et je sortis. A la sortie, il me surplombait. Nos cheveux volaient à cause de la brise. Je le regardais, il me regardait.

« Qu'as-tu compris ?

- Que vous m'aimiez.

- Si ce n'étais pas le cas ?

- Vous êtes fou. »
Il rigola, je le regardai froidement. Il me prit puis m'embrassa. Je le rejetai. Il poursuivit, je me débattis, sachant très bien que cela ne servait à rien puisque je l'attendais.

*

J'étais dans un bain, la salle étant juste à côté de sa chambre. Ma tête entre les mains, je pensais ... Je pensais à ce que je venais de faire. Il était dans son lit, et moi, j'essayais désespérément de frotter ma peau, d'enlever chaque caresse, chaque baiser. Je n'y arrivais pas. La porte s'ouvrit. Il entra. Il se pencha vers moi puis m'embrassa. Il me montra un couteau, qu'il posa sur le coin de la baignoire. Je devins livide. Il se lava les mains, s'agenouilla, puis prit le couteau entre ses mains.

« Quand je t'ai demandé ce que tu avais compris, tu m'as répondu que je t'aimais ou bien que j'étais fou. A ton avis, quelle était la vérité ?

- Vous êtes fou.

- Non, c'était l'autre. La vérité est bien pire, je suis amoureux de toi, tu l'es aussi. Mais je te veux, rien qu'à moi. La seule façon, c'est la folie. La folie est humaine, l'amour l'est moins. Dans cette évidence, je ne serais donc pas fou mais humain. Qu'en penses-tu ?

- Qu'allez-vous faire ?

- Faire ? Rendre ton amour éternel, humainement, en le traitant par la folie. »

Il me prit les mains et y déposa un baiser, puis la lame. Il coupa délicatement mais nettement ma peau laiteuse et candide. Il en fit de même pour l'autre et laissa le sang s'en échapper. Il sourit.

« Je vous aime mais je suis humain. »

Il partit. Mon sang coulait, ma tête bascula vers l'eau, mes narines touchant le liquide couleur rubis. Me suis-je noyée ? Ai-je perdu tout mon sang ?

« Je m'appelle Tayuya, je suis morte par amour. »






Mello

# Posté le samedi 06 juin 2009 09:07

Modifié le dimanche 16 août 2009 10:37