Auteur : Mello
Genre : Drame / O.S
Rating : G
Crédit : Aucun personnages ne m'appartient, ils restent tous sous la propriété de Masashi Kishimoto.
Mot de l'auteur : Cet O.S e été fait trop précipitamment, mais je n'arrive plus à me concentrer dessus.
Il faisait nuit noire, le spectacle pouvait commencer. Ouvrez les yeux, contemplez !
Les herbes frissonnaient et dansaient à la mélodie du vent, créant de grandes vagues affriolantes. Même les vieux arbres pourtant enracinés depuis longtemps, étaient secoués, presque emportés. Les feuilles se détachaient, virevoltaient, frôlaient le sol, puis se retiraient comme s'il était brulant : c'était l'automne. La clairière était minuscule, abandonnée, mais d'ici, le ciel avait une splendeur que vous ne trouveriez jamais ailleurs. La douceur du vent pourtant rude caressait nos joues froides et sèches.
La tête tendue vers le ciel, les yeux hypnotisés par les étoiles. Nos yeux clignaient à cause de l'attention trop grande portée à la lune. Nos cheveux flottaient, ébouriffés. Ma cage thoracique se soulevait, puis s'abaissait lentement, monotone. Ici, le temps n'existait pas.
Nous étions deux. Nous avons été trois. Le troisième ; il n 'existait plus, nous n'en parlions plus, le débat était clos. Il avait disparu, les temps étaient durs, nous n'avions pas le temps d'essuyer et de pleurer un mort. Un mort ou un meurtre. L'assassin était pourtant à côté de moi, les yeux rivés dans l'au-delà, le regard vide. Il l'avait tué, oui, son meilleur ami. Quand le sujet était lancé, il savait le cloître aussitôt. L'atmosphère était tendue.
- Non, je ne la vois pas.
- Mais si, regarde bien, on dirait Yahiko, toi et moi, c'est amusant !
- Je ne la vois pas.
- Mmh, dis-je d'une mine boudeuse, tu ne vois rien, tes yeux ont beau être magnifique et faire la fierté de ta famille, ils ne servent à rien.
- Tu as surement raison. »
Il se leva, puis me tendit la main pour que je suive le pas.
- Tout le monde n'est pas comme toi, c'est plutôt toi qui oublie trop vite, ton c½ur et tes yeux sont identiques. Il n'y a rien !
- Ne dis pas ça, tu sais très bien que c'est faux !
- Mais c'est bien toi qui l'a tué ! »
Je regrettai immédiatement ce que je venais de dire, je ne m'en étais donc pas remise ? Je savais pertinemment que son geste n'avait pas été voulu mais contraint, malgré ça, je le haïssais. La haine, c'était pourtant contre cela que Yahiko se battait. Cette mort, nos relations, ce ne sera plus jamais comme avant, c'est fini. Nous partîmes tout les deux, chacun de notre côté, le c½ur blessé sans se retourner. J'aurais voulu m'excuser, lui aussi devait souffrir, ça je ne le mesurait pas, je ne comprenait pas.
Yahiko, et toi, la vois-tu cette étoile ?
L'orage grondait, la pluie s'abattait, comme si chaque gouttes voulaient l'écraser. Les pieds dans la boue, les jambes fatiguées. Il n'y avait rien, seule la pluie, seul l'orage. On n'entendait rien, seule la pluie, seul l'orage. Brusqué d'une envie de s'écrouler, il persistait. Ses pieds l'emmèneraient, l'un après l'autre, s'acharneraient, il y arriverait. Le boue devint rouge, il leva les yeux, quelqu'un était mort, il retourna le blessé : Yahiko.
Il se réveilla essoufflé, les draps trempés de sueurs, les yeux remplis de larmes, la tête qui tourne. Encore un rêve, lui non plus ne s'y faisait pas. Il garderait sur sa tête ce meurtre, comme si c'était écrit sur son front. La vie continuerait, pour lui, pour elle. Pour elle, pour Konan. Il n'était pas jaloux de Yahiko, il savait très bien que Konan l'aimait, comme il savait qu'elle l'aimait lui aussi. Elle était seule, il était deux. Elle ne choisirait pas, elle ne pouvait pas. Un d'eux était mort, le choix était plus simple, mais la blessure ne s'estompait pas. Pouvait-on aimer l'assassin involontaire de son amant ? Pouvait-on aimer alors qu'il était mort ? Le choix était-il réellement plus simple ? Certainement pas. Elle haïrait l'un pour son meurtre et l'autre pour sa mort. Le seul lieu serein où elle acceptait de les voir, c'était dans cette clairière, pour regarder le ciel toute la nuit.
La journée c'était passé sans encombre pour Nagato, il attendait avec appréhension et excitation le couché du soleil, comme tous les jours, pour la retrouver.
Le soleil fuyait, la lune dominait le ciel, la lumière s'estompait, les étoiles brillaient. Imaginez, des millions de néons suspendus, des milliers de diodes électroluminescentes, ce n'est que superficiel.
La nuit passait, elle ne venait pas, peut être était-elle retenue, Nagato avait beau être orphelin, ses parents lui avaient laissé de quoi finir sa vie sans encombre, disons le comme il se doit : il était plein aux as. Il avait plusieurs fois proposé à Konan qu'il n'y avait aucun problème, qu'il pouvait la prendre en charge. Elle avait refusé net. Elle ne nécessitait pas de lui pour subvenir à ses besoins. Elle était grande, et elle avait toujours parvenue à se débrouiller seule, par n'importe quel moyen. Ils ne savaient pas ce qu'elle faisait, elle ne le précisait jamais, et ne comptait pas le faire.
Elle n'était pas venue, elle ne viendra pas. Pas ce soir.
Les années défilaient, les soirs se succédaient, elle n'était pas revenue.
Il y a trois sortes de mode de vie, la pauvreté, la modestie, et la richesse. Dans quel milieu pouvons-nous être le plus heureux ? La pauvreté, une bonne dose d'héroïne reçue pour multiples tours de passe-passe ? La modestie, amour flamboyant avec le voisin de la meilleure amie de votre mère ? La richesse, maints et maints voyages sur des îles paradisiaques, entouré de charmante compagnie ? Tout cela est très cliché. Malgré tout ce que vous possédez, il y a toujours quelque chose qui vous tient le plus à c½ur, et ce je-ne-sais-quoi, si vous n'en disposez pas, votre jouissance est rendue à néant. Ainsi donc, voilà le commencement de votre malheur. Comme ce fameux Nagato.
Nagato avait tout ce qu'il voulait pour être heureux, il avait une femme, mariage qu'il avait dû se persuader à conclure pour diverses raisons. Une maison en ville, un travail qui rapporte. Il était astronaute, et aimait ce qu'il faisait, se balader au milieux des étoiles, c'était grandiose. Il était beau, et avait du succès, quelques maîtresses, rien de méchant. Malgré ça, Nagato ne fut jamais heureux.
Il gardait en tête cet homicide, celui qui changea tout, celui qu'il redoutait. Mais bien pire, ce court article de journal, que jamais il n'oublierait :
C'était donc ses petits bouleaux, il aurait été là, elle ne serait pas morte. Chaque personne qu'il chérissait, mourrait donc ? C'était la fin.
Comme il y avait vingt ans ... Rien n'avait changé. Le vent sec, dirigeant les herbes. Quelques gouttes tombaient sur le sol, la pluie. Non, pas de pluie : la souffrance. Les traits d'un homme fatigué, qui avançait sans aucun but, les yeux inondés de larmes, souvent trop longtemps contenues. Il respirait l'air frai, profondément, puis ses yeux montèrent vers le ciel. Accroché par un fil transparent, attaché à ces trois étoiles.
La tête abrutie, la main dans la poche, il tira de son manteau un couteau, celui qui, sans le savoir, portait tout le poids d'une vie : celle de Yahiko, laquelle avait tout changé en quelques secondes. Ce couteau qui avait tranché leurs liens, leurs destins, leurs vies. D'un coup lâche et vif, le couteau effleura ses poignets. Le sang goutte. Le sien, le leur. Ils allaient enfin se retrouver.
Le muscle de sa joue s'étira, une esquisse de sourire. Les larmes ne coulaient plus, seul le sang. Le c½ur ne battait plus, seul l'espoir. La vie partait.
Aujourd'hui, c'était l'automne.